Le logement neuf en 2010
Portes ouvertes pour les futurs propriétaires L’Union, 12 janvier 2010
Les immeubles poussent comme des champignons à Reims.
La Ville veut faire la part belle à l'accession à la propriété, où il semble y avoir une grande marge de man½uvre.
S'il n'y avait les travaux du tram, on ne verrait sans doute qu'eux : les immeubles et maisons en construction dans Reims.
On a l'impression qu'il y en a partout ! Mais alors, où est la crise ? « L'activité est assez soutenue à Reims, mais pas plus que les autres années », confirme le directeur de l'Effort rémois, Alain Nicole.
Éric Quénard, premier adjoint de la Ville de Reims, responsable (notamment) du logement, donne des chiffres : « Le nombre de permis de construire, comme celui des ouvertures de chantiers sont en recul entre 2008 et 2009. Pourtant, le nombre des logements a été de 1.043 l'année dernière contre 731 en 2008. » Une production supérieure à ce qui se fait en France, selon Éric Quénard. Qui l'explique par la montée en puissance de la rénovation urbaine, la mobilisation des acteurs, notamment organismes logeurs, pour soutenir l'activité du bâtiment dans la crise (avec les ventes en état futur d'achèvement), et enfin le besoin très fort de logements.
Seulement 25% de propriétaires !
« Je reçois 20 à 30 courriers par semaine. Reims Habitat (NDLR : dont il est le président) a 4.000 demandes de logements en attente, et nous sommes l'organisme le plus petit de Reims.»
Pour l'adjoint, il faut « construire plus mais diversifié ». Il avoue que l'agglomération rémoise est en retard sur les propriétaires : il y en a 25 % contre 45 % en moyenne en France.
« La présence des organismes sociaux n'a pas participé à ce que les Rémois deviennent propriétaires », explique Philippe Haezebrouk, patron de l'agence Brooks.
« Reims est en effet une capitale régionale assez spécifique. Dans l'effort de reconstruction, les organismes sociaux ont répondu présent », note Christophe Villers, président du directoire du Foyer rémois.
Reims a 42 % de logements sociaux, et tout le monde s'accorde à dire que le marché locatif est très soutenu.
L'Effort rémois a une mission sociale pour les primo-accédants. La Ville de Reims aide aussi ceux qui veulent devenir propriétaire : « Il y a un taux de TVA réduit à 5,5 % et une subvention de 4.000 euros de Reims Métropole », explique Éric Quénard.
Il faut s'adapter aux besoins
Le tout, en accession à la propriété ou en locatif, est de s'adapter aux besoins. « Il faut à la fois de la très haute qualité environnementale et des habitations à loyer modéré. Il faut des produits intermédiaires entre le locatif social et les promoteurs privés », poursuit le premier adjoint.
La Ville est bien décidée à poursuivre en 2010 sur cette dynamique. Encore faut-il que les futurs propriétaires aient de quoi « s'offrir » un logement.
« C'est un vrai enjeu, mais nous sommes sereins. Nous avons revu nos prix en fonction de la capacité de pouvoir d'achat, avec la crise », explique Christophe Villers.
Comme pour son collègue de l'Effort rémois, il sait que le pass foncier est une réponse parmi d'autres, mais importante pour l'accession sociale à la propriété.
Guillaume FLATET, l’Union