Privés-Public main dans la main
L’Union 12 janvier 2010
Pour le promoteur privé Brooks, la crise s'est surtout ressentie pour les propriétaires occupants, pas pour les investisseurs, grâce à la loi Sellier.
« Il s'est développé un sentiment d'insécurité », explique Philippe Haezebrouck, le fondateur de l'agence, qui s'est créée sur Reims en 1994. « Les clients avaient la trouille de prendre une décision. Ils ne savaient pas de quoi demain serait fait. D'où un très gros ralentissement des propriétaires occupants, surtout s'il a un bien à vendre, car les prix ont baissé. »
La loi Sellier a permis de tenir sur des petites surfaces, à petits prix. « Ce sont les types 1, 2 et 3 qui se vendent. Les 75 m2 ont du mal à partir, car on retrouve pour ces produits une clientèle de propriétaires occupants. C'était très recherché il y a deux-trois ans », explique Carole Haezebrouck.
Brooks a revendu des logements, comme la plupart des promoteurs privés, aux organismes logeurs. « J'ai réalisé cette opération avec l'Effort rémois, avec qui je travaille en confiance. Mais cette revente était prévue avant la crise, et nous l'aurions fait de toute façon. »
Ces opérations de revente entre privés et « public », dans le cadre du plan de
relance, ont en tout cas été appréciées : « Nous avons appris à travailler ensemble, et nous avons découvert un vrai savoir-faire. Les privés nous ont amenés sur des terrains que nous n'avions pas exploré, et vice-versa », note Christophe Villers, président du directoire du Foyer rémois, qui place cette opération comme une des grandes réussites 2009.
Philippe Haezebrouck ne s'attend pas à un effondrement des prix. « Le neuf se loue maintenant à des prix raisonnables. » Il voit dans l'avenir une démolition de l'ancien, « mal isolé, plus aux normes. Il y a des prix aberrants dans l'ancien ».